Aux frontières d’Eibon, là où les pistes disparaissent entre les étendues arides de Savareen et les marais bordant la mer de Verre, les véhicules ne sont pas toujours le moyen de transport le plus fiable. Le sable bloque les répulseurs, les tempêtes brouillent les instruments et certaines zones restent volontairement absentes des cartes officielles.
C’est sur ces chemins oubliés que l’on peut apercevoir les silhouettes de Ghilie, Thill et Klom, plus connus sous le nom de trio Kadec.
Toujours accompagnés de leurs Kaadus, ces trois cavaliers parcourent les territoires sauvages autour d’Eibon. Guides, éclaireurs, convoyeurs et parfois chasseurs de primes lorsque les crédits viennent à manquer, ils acceptent les missions que les pilotes de speeders préfèrent généralement décliner.
Trois cavaliers, une seule piste
Personne ne sait vraiment d’où vient le nom « Kadec ». Selon Ghilie, il s’agirait d’un ancien mot signifiant « ceux qui retrouvent le chemin ». D’après Klom, c’est simplement le nom d’une cantina où tous les trois auraient laissé une ardoise particulièrement impressionnante. Thill, lui, refuse obstinément de trancher la question.
Ghilie, l’éclaireur
Ghilie ouvre toujours la marche. Peu bavard, constamment attentif à son environnement, il est capable de repérer les traces d’un convoi plusieurs heures après son passage.

Il accorde davantage de confiance aux réactions de son Kaadu qu’aux capteurs électroniques. Une brusque inclinaison de la tête, un changement de rythme ou un cri étouffé lui suffisent pour détecter un danger invisible : prédateur dissimulé, terrain instable ou présence étrangère.
Dans le trio, Ghilie choisit les itinéraires. Et lorsque Ghilie affirme qu’une piste n’est pas sûre, personne ne discute. Même Klom.
Thill, le négociateur
Thill est le lien entre le trio et les habitants d’Eibon. Marchands du spatioport, fermiers des zones de vaporateurs, contrebandiers ou responsables du laboratoire marin : il connaît tout le monde, ou prétend connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un.

Toujours prêt à discuter le prix d’une mission, il possède un talent remarquable pour transformer une situation désespérée en accord commercial raisonnable. Enfin… raisonnable surtout pour le trio Kadec.
Thill connaît également parfaitement les Kaadus. Il surveille leur alimentation, entretient leurs selles et sait calmer une monture effrayée. Pour lui, les animaux ne sont pas de simples moyens de transport, mais des partenaires à part entière.
Klom, le protecteur
Klom ferme la marche. Massif, patient et difficile à impressionner, il protège le groupe contre les pillards et les créatures qui rôdent loin des lumières de la ville.
Il parle peu, mais son silence suffit souvent à interrompre une négociation devenue trop agressive. Sous son apparence intimidante se cache pourtant le membre le plus attentionné du trio. Klom ne laisse jamais un voyageur blessé derrière lui et porte toujours quelques rations supplémentaires pour ceux que la piste aurait malmenés.

Son Kaadu est aussi placide que lui… jusqu’au moment où quelqu’un menace le groupe.
Des montures venues de Naboo
Les Kaadus sont originaires des marais de Naboo. Ces grandes créatures bipèdes, pouvant atteindre environ deux mètres, sont réputées pour leur vitesse, leur agilité et leur endurance. Leur ouïe particulièrement fine et leur excellent odorat leur permettent de détecter un danger bien avant leurs cavaliers.
Domestiqués depuis des générations par les Gungans, les Kaadus furent notamment utilisés comme montures par leur grande armée lors de la bataille de Naboo. Leur peau lisse, leurs longues pattes et leur aptitude à se déplacer aussi bien sur la terre ferme que dans l’eau en font d’excellentes montures d’exploration.
Les premiers spécimens arrivés sur Savareen auraient été transportés par un marchand naboo qui espérait les vendre comme animaux de parade. L’affaire tourna court lorsque les Kaadus s’échappèrent de leur enclos et trouvèrent refuge dans les zones humides proches de la mer de Verre.
Contre toute attente, une petite population parvint à s’adapter. Les Kaadus d’Eibon sont aujourd’hui légèrement plus trapus que leurs cousins de Naboo. Leur peau arbore des teintes orangées et sable qui les rendent presque invisibles dans les hautes herbes desséchées et les formations rocheuses.
Plus fidèles que n’importe quel speeder
Un Kaadu ne possède ni moteur, ni système de navigation et encore moins de garantie constructeur. Pourtant, pour le trio Kadec, aucune machine ne pourrait remplacer leurs montures.
Les animaux peuvent franchir des passages trop étroits pour un véhicule, progresser dans les eaux peu profondes et sentir l’approche d’une tempête. Surtout, ils restent opérationnels lorsque les brouilleurs, les pannes énergétiques ou les tirs de blaster réduisent la technologie au silence.
La relation entre chaque cavalier et son Kaadu repose sur une confiance absolue. Les montures connaissent les gestes, les sifflements et même les humeurs de leurs compagnons. Elles savent quand accélérer, quand se dissimuler et, parfois, quand refuser catégoriquement de suivre une mauvaise idée.
Cette dernière compétence leur est particulièrement utile avec Thill.
Les gardiens des chemins oubliés
Le trio Kadec n’appartient officiellement à aucune faction. Il ne porte ni uniforme ni insigne, et ses membres préfèrent être payés en crédits plutôt qu’en médailles.
Pourtant, lorsqu’un convoi disparaît, qu’un voyageur se perd dans les terres sauvages ou qu’une cargaison doit traverser discrètement les environs d’Eibon, trois noms reviennent toujours : Ghilie, Thill et Klom.
On raconte qu’ils connaissent chaque piste, chaque point d’eau et chaque refuge de Savareen. Mais ceux qui les ont accompagnés savent que leur véritable force ne réside pas dans leurs armes ou leur connaissance du terrain.
Elle vient du lien qui unit trois cavaliers à leurs Kaadus.
Sur les chemins d’Eibon, les moteurs finissent parfois par s’arrêter. Les Kaadus, eux, continuent d’avancer.



