Narek Tol et Borkan, le dernier Caracdem de Savareen

Aux portes d’Eibon, lorsque les routes disparaissent sous le sable et que les répulseurs deviennent inutiles, une étrange silhouette parcourt les terres rocheuses de Savareen. Les voyageurs aperçoivent d’abord une large carapace avançant entre les pierres, puis son gardien, Narek Tol.

À ses côtés marche Borkan, un Caracdem : une imposante créature cuirassée dont l’existence trouve son origine à plusieurs milliers d’années-lumière de Savareen.

La mémoire du vivant

Dans les niveaux les plus anciens de Coruscant se trouve le Conservatoire génétique galactique, une immense banque de données biologiques constituée depuis des millénaires. Elle conserve les patrimoines génétiques de milliers d’espèces animales provenant de mondes parfois oubliés, dévastés ou devenus inhabitables.

Le Conservatoire n’est pas un simple musée. Lorsqu’une planète doit être colonisée, son gouverneur peut transmettre une demande précisant les conditions du milieu : températures extrêmes, manque d’eau, végétation dangereuse ou terrains impossibles à franchir avec des véhicules classiques.

Les généticiens de Coruscant recherchent alors, parmi leurs archives, les espèces possédant naturellement les capacités nécessaires.

Lors de l’installation des premières communautés autour d’Eibon, le gouverneur de Savareen demande un animal robuste, peu exigeant en eau, capable de transporter de lourdes charges et de progresser sur les plateaux rocailleux séparant la ville du désert de Sirath.

Les recherches conduisent à une ancienne séquence génétique provenant d’un monde dont le nom a disparu des cartes : celle d’un puissant mammifère protégé par une carapace osseuse.

Le Caracdem revient ainsi à la vie.

Une forteresse vivante

Le Caracdem possède un corps massif, de puissantes pattes et une épaisse cuirasse couvrant son dos et son crâne. Cette protection naturelle lui permet de résister aux chutes de pierres, aux vents chargés de sable et aux attaques de certains prédateurs de Savareen.

Malgré son apparence impressionnante, il s’agit d’un animal calme et principalement herbivore. Il se nourrit de racines, de plantes sèches et de mousses minérales que peu d’autres créatures peuvent digérer. Sa capacité à conserver l’eau durant plusieurs jours en fait un compagnon précieux pour les longues traversées.

Les Caracdems sont utilisés pour transporter des réserves, tirer des équipements agricoles et ouvrir des passages dans les zones où même le train à répulsion ne peut circuler. Leur odorat leur permet également de détecter des poches d’eau souterraines.

Il existe cependant un détail que les premiers colons découvrent assez rapidement : un Caracdem n’obéit jamais par la force. Sa confiance doit être gagnée.

Narek Tol, le gardien

Narek Tol appartient à la première génération de soigneurs formés pour accompagner l’implantation des Caracdems sur Savareen. Il connaît leur comportement, leurs habitudes et les signes presque imperceptibles annonçant leur inquiétude.

Borkan lui est confié alors qu’il vient à peine de quitter le centre d’acclimatation d’Eibon. Les débuts sont difficiles. Durant plusieurs semaines, l’animal refuse d’avancer dès que Narek tente de le guider. Le jeune gardien abandonne finalement les harnais de dressage et choisit simplement de marcher à ses côtés.

Depuis ce jour, ils ne se quittent plus.

Ensemble, ils surveillent les pistes reliant le quartier agricole à l’Oasis de Nareth. Ils accompagnent les convois, recherchent les voyageurs disparus et ravitaillent les communautés installées au-delà des voies régulières.

Lorsque Borkan s’immobilise, Narek fait de même. L’animal a généralement senti une tempête, un mouvement sous le sable ou une présence que les capteurs n’ont pas encore détectée.

Le dernier de sa lignée ?

Le programme d’acclimatation connaît pourtant des résultats mitigés. Les Caracdems s’adaptent parfaitement au climat de Savareen, mais leur reproduction demeure difficile. Borkan est aujourd’hui l’un des rares spécimens adultes vivant encore autour d’Eibon.

Pour Narek Tol, il n’est pas seulement un animal de transport. Il représente la mémoire d’un monde disparu et la preuve que les archives de Coruscant peuvent rendre une place à des espèces que la galaxie pensait avoir définitivement perdues.

Dans les rues d’Eibon, certains habitants voient encore passer une créature étrange protégée par une énorme carapace.

Narek, lui, voit tout autre chose : le premier représentant d’une nouvelle génération de Caracdems nés sur Savareen.

Car parfois, pour construire l’avenir d’un monde, il faut réveiller une vie oubliée depuis des millénaires.

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