Merio, le naturaliste aux origines oubliées

À travers les déserts, les montagnes et les oasis de Savareen marche une silhouette que l’on reconnaît de très loin. Drapé dans une grande cape couleur sable, équipé d’un bâton d’exploration et d’un imposant sac rempli d’instruments, d’échantillons et de curiosités, Merio parcourt inlassablement la planète à la recherche de ses trésors naturels.

Merio vient de Vulpter, un monde industriel marqué par des siècles d’exploitation intensive et par une forte présence impériale. Il appartient à la série des droïdes de sécurité KX, de grandes unités fabriquées par Arakyd Industries pour assurer des missions de surveillance, de maintien de l’ordre et de protection d’installations sensibles.

Son imposante stature, sa résistance exceptionnelle et sa force herculéenne sont les héritages directs de cette conception militaire. Merio aurait donc dû passer son existence à obéir aux ordres, contrôler les populations et défendre les intérêts de l’Empire. Pourtant, à une époque inconnue, quelque chose s’est produit dans sa programmation : Merio s’est émancipé.

Personne ne sait s’il a été reprogrammé, s’il a subi une défaillance ou s’il a développé seul une véritable conscience. Plus mystérieusement encore, nul ne sait comment il a quitté Vulpter ni de quelle manière il est arrivé sur Savareen. Le droïde refuse-t-il d’en parler, ou l’ignore-t-il lui-même ? Ses réponses entretiennent soigneusement le mystère :

Je me souviens parfaitement de mon arrivée sur Savareen. Je considère simplement que cette information ne vous serait d’aucune utilité.

Depuis, le droïde explore les régions les plus reculées de la planète. Il observe les animaux méconnus, répertorie les plantes capables de survivre dans les sols les plus arides et collecte des fragments de roche ou de cristaux destinés aux écoles et aux chercheurs d’Eibon. Son sac à dos est devenu un véritable laboratoire ambulant, même si son organisation paraît parfois relever d’une logique que lui seul comprend.

Merio intervient régulièrement dans les classes d’enseignement d’Eibon. Les enfants apprécient particulièrement ses récits d’expédition, ses démonstrations et son humour pince-sans-rire. Il leur apprend à observer avant de toucher, à comprendre avant de juger et, surtout, à respecter chaque forme de vie, même la plus étrange.

Cette créature n’est pas dangereuse. En revanche, continuer à lui tirer la queue constitue une excellente méthode pour modifier cette donnée.

D’un naturel profondément philosophe, Merio considère que la connaissance est la première étape vers la protection du vivant. Il se montre toujours gentil et serviable, prêt à secourir un voyageur, transporter du matériel ou dégager un véhicule enlisé. Sa force herculéenne décourage d’ailleurs les rares individus tentés d’abuser de sa bienveillance.

Aujourd’hui, Merio appartient pleinement au paysage de Savareen. Naturaliste, explorateur et passeur de savoir, il veille discrètement sur les merveilles de la planète tout en poursuivant une quête plus intime : comprendre le vivant… et peut-être retrouver un jour la vérité sur sa propre liberté.

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