La langue des premiers peuples
Bien avant Eibon, avant les spatioports, les marchands et les vaisseaux venus des confins de la galaxie, Savareen avait déjà ses voix.

Nomades du désert, voyageurs des plaines arides et communautés installées autour des rares points d’eau partageaient une langue ancienne : le Greaïr.
Personne ne sait précisément quand il apparut. Les récits les plus anciens racontent qu’il ne fut pas inventé, mais qu’il naquit peu à peu des peuples de Savareen, de leurs voyages et de leur manière de nommer ce qui les entourait.
Le vent.
Le sable.
L’eau.
La nuit.
La vie.
La mort.
La mémoire.
De cette époque subsiste une ancienne formule :
« Vaal sael, nael aev. »
Le vent traverse le sable, l’eau porte la vie.
Le Greaïr était une langue simple dans sa construction, mais profondément liée aux images, aux sensations et aux idées. Certains mots pouvaient ainsi désigner plusieurs choses selon la phrase dans laquelle ils étaient prononcés.
Ainsi, « Oraï », la mémoire, ne désigne pas seulement le souvenir d’une personne. Le mot évoque également ce qu’un peuple laisse derrière lui : une histoire, une trace, parfois simplement un nom.
Son écriture suivit la même évolution. Des signes simples, faciles à tracer dans le sable, à peindre ou à graver dans la pierre devinrent progressivement l’alphabet Greaïr que l’on connaît aujourd’hui.
Une langue façonnée par les rencontres
Savareen ne resta cependant pas isolée. Avec les premiers voyageurs interstellaires arrivèrent de nouveaux peuples, de nouvelles cultures et surtout de nouvelles langue. Les comptoirs se développèrent. Les échanges commerciaux augmentèrent. Des communautés venues d’autres mondes s’installèrent durablement sur la planète. Le Greaïr commença alors à changer. De nouveaux mots entrèrent dans le langage. Certains furent adaptés à la prononciation locale, tandis que d’autres sons, inconnus des premiers habitants de Savareen, nécessitèrent l’apparition de nouveaux signes dans l’alphabet.
Le Greaïr que nous connaissons aujourd’hui porte donc en lui les traces de ces rencontres. Certains mots et certaines expressions traversèrent pourtant les siècles presque sans changer.
« Raen vaal. »
Voyage avec le vent.
Cette courte formule aurait autrefois été adressée à ceux qui quittaient leur communauté pour traverser le désert. Elle est encore parfois employée à Eibon pour souhaiter bon voyage.
L’arrivée de l’Aurebesh
Utilisé dans une grande partie de la galaxie, il devint progressivement indispensable au commerce, à la navigation et aux communications avec les autres systèmes. À mesure que Savareen s’ouvrait sur la galaxie, l’Aurebesh prit la place du Greaïr dans la vie quotidienne. Les nouvelles générations apprirent naturellement cette écriture devenue commune à tant de mondes. En quelques générations, le Greaïr cessa d’être la langue dominante de Savareen. On aurait pu croire qu’il finirait par disparaître. Il n’en fut rien.
Une langue qui refuse de mourir
Aujourd’hui encore, le Greaïr Ancien peut être entendu sur Savareen. Il survit dans certaines familles, parmi les communautés du désert, dans les histoires transmises de génération en génération et dans quelques traditions dont l’origine s’est parfois perdue. À Eibon, son écriture apparaît encore sur de vieilles pierres, des objets, des enseignes ou des symboles dont la signification échappe parfois même à ceux qui les côtoient quotidiennement. Certains habitants ne connaissent que quelques mots. D’autres sont encore capables de le parler. Et quelques rares personnes savent toujours lire et écrire son alphabet.
Une expression demeure particulièrement connue :
« Eibon Vael. »
Eibon la Libre.
Elle est devenue bien davantage qu’une simple expression. Pour certains habitants, elle rappelle ce qu’Eibon représente : une ville construite à la frontière des mondes, où peuvent se retrouver ceux qui ne se reconnaissent dans aucune nation. Et lorsque deux personnes souhaitent employer l’ancienne formule de bienvenue, elles peuvent encore dire :
« Vaëra Eibon. »
Bienvenue à Eibon.
Employer aujourd’hui un mot Greaïr lorsqu’un mot Aurebesh pourrait suffire n’est donc jamais tout à fait anodin. C’est parfois une marque de respect. Parfois une manière de rappeler ses origines, un signe de reconnaissance. Et parfois simplement la volonté de préserver quelque chose que le temps aurait dû effacer.
La mémoire d’Eibon
Une dernière formule résume probablement mieux que toutes les autres la place du Greaïr dans la culture d’Eibon :
« Oraï na morha. »
La mémoire ne meurt pas.
Car sur Eibon, les langues changent, les peuples voyagent et les civilisations passent. Mais certaines paroles restent.
Chaque signe porte une respiration.
Chaque mot porte un souvenir.
Chaque phrase porte Eibon.
Le Greaïr Ancien — création originale d’Alexandre Csutoros, développée avec Bee, intelligence artificielle ChatGPT d’OpenAI.





